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Enjeux des soins infirmiers

Équipement de protection individuel (EPI) et fournitures

L’AIIC reconnaît que de nombreux débats ont lieu actuellement au sujet du mode de transmission. L’AIIC travaille dans le cadre de la prise de décisions éclairées par des données probantes et soutient les données et l’orientation actuelles de l’ASPC et de l’OMS dans l’affirmation que le virus n’est pas aéroporté, sauf au cours d’interventions médicales générant des aérosols (IMGA). Nous avons entendu parler de récits isolés concernant les pénuries et les pénuries prévues de fournitures, notamment des masques chirurgicaux et N95. Nous avons également entendu parler de situations où, en raison de ces pénuries ou pénuries prévues, des fournitures ne seraient pas accessibles rapidement (soit verrouillées ou conservées à distance).

En réponse aux pénuries urgentes et aux défis éthiques concernant l’EPI, l’AIIC a créé les Messages clés sur l’EPI de l’AIIC [PDF, 103,3 Ko] pour appuyer et représenter les infirmières et infirmiers. Veuillez consulter ce document pour obtenir les messages de l’AIIC, les facteurs à considérer concernant les dilemmes éthiques pour le personnel infirmier lorsque de l’EPI approprié n’est pas disponible et des renseignements liés aux directives publiées par les groupes nationaux et internationaux quant aux stratégies en vue d’optimiser l’utilisation des masques.

L’AIIC continue de préconiser le déploiement rapide de l’équipement de protection individuel pour garantir que les infirmières et infirmiers ont accès aux fournitures et à l’équipement nécessaire pour prodiguer des soins de qualité sécuritaires et conformes à l’éthique aux patients. En vue d’optimiser l’utilisation de la fourniture actuelle de masques et de respirateurs, le gouvernement fédéral a publié l’orientation suivante :

Optimiser l’utilisation des masques et des respirateurs lors de l’épidémie de la COVID-19

Dans les situations où la distance physique est difficile à maintenir étant donné les preuves récentes concernant la transmission provenant de personnes qui sont pré-symptomatiques ou qui n'ont pas de symptômes, l’ASPC a également fait remarquer que les membres du public peuvent envisager de porter un masque non médical ou un couvre-visage.

Autres types d’équipement et de fournitures

De l’équipement et des fournitures médicales suffisantes font partie intégrante des soins de qualité et sécuritaires pour les patients. L’AIIC est consciente de l’augmentation des rapports et des préoccupations liées à une pénurie réelle ou possible de fournitures médicales, telles que les respirateurs, les masques et les désinfectants pour les mains1,2. Comme il est décrit à la section sur l’EPI ci-dessus, cela a entraîné la gestion et le rationnement prudents des fournitures3. Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux tentent d’acquérir rapidement des fournitures, mais la capacité de l’industrie et des fabricants pourraient être limitée pour répondre à la croissance rapide des besoins des établissements de soins de santé. On fait maintenant appel à tous les fabricants et toutes les entreprises pour qu’elles fournissent des produits et des services en réponse à la COVID-19.

Les trousses d’analyse de la COVID-19 s’avèrent essentielles en vue de l’identification et de l’auto-isolement précoces des cas pour permettre de limiter la propagation au sein de la collectivité. Une pénurie de trousses d’analyse a été signalée, ce qui a contribué à cibler davantage les tests menés auprès des patients dans les provinces, comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, en limitant les tests aux cas présentant des risques élevés ou une probabilité accrue de propagation du virus. En réponse, le gouvernement fédéral a maintenant accéléré l’examen et l’approbation des trousses d’analyse de la COVID-19 aux fins de l’importation et de la vente au Canada pour favoriser l’accès à un plus grand approvisionnement dans les provinces et les territoires4. Le 12 avril, Santé Canada a approuvé un test moléculaire rapide au point d’intervention qui peut générer des résultats en moins d’une heure. Cela devrait réduire le fardeau sur les laboratoires de santé publique et augmenter la disponibilité et l’efficacité des tests auprès de nombreuses personnes, y compris celles vivant en régions rurales et éloignées, consultez la liste des trousses d’analyse autorisées par Santé Canada  au Canada.

En ce qui concerne le personnel infirmier travaillant au point d’intervention, le manque de fournitures appropriées peut entraîner de la détresse morale en raison du niveau de soins qu’il est en mesure de fournir et de la préoccupation liée à la sécurité des patients et à celle de leur famille. Les infirmières et infirmiers reconnaissent leur obligation de fournir des soins sécuritaires, compétents, compatissants et conformes à l’éthique5. « Les employeurs ont quant à eux le devoir de protéger et de soutenir les infirmières ainsi que de leur fournir l’équipement de protection et les fournitures nécessaires en quantités suffisante s afin de ‘minimiser de façon maximale’ le risque d’infection auquel sont exposés les infirmières et les autres fournisseurs de soins de santé. »

Dilemmes d’ordre éthique

La mise en oeuvre du Code de déontologie de l’AIIC durant une pandémie

« Dans une situation d’urgence en matière de santé publique mondiale, devrions-nous nous fier sur nos opinions actuelles de ce qui est bon ou bien? Ou devrions-nous adapter nos croyances éthiques en raison de circonstances extraordinaires dans lesquelles nous nous trouvons? Ce questionnement peut-être très troublant. » Lire Considérations déontologiques pour les infirmières et infirmiers en cas de pandémie [PDF, 295 Ko] pour en apprendre d’avantage sur les enjeux au cœur de notre pratique en rapport avec la COVID-19. Cette publication comporte non seulement des nouveaux enjeux éthiques, mais aussi ceux qui ont été mis en évidence.

Autres ressources pertinentes du Code de déontologie de l’AIIC

Le Code de déontologie de l’AIIC contient les considérations éthiques pour le personnel infirmier lors d’une pandémie (AIIC, 2017).

À l’annexe B : Application du Code dans des situations choisies (pages 43 à 46), le Code stipule ceci :

  • Depuis toujours, les infirmières et infirmiers prennent soin de personnes qui en ont besoin, même dans des situations où leur propre vie ou santé est en danger (par exemple, dans des régions ravagées par la guerre, des régions de pauvreté extrême, des endroits insalubres, etc.). Les infirmières et infirmiers courent par ailleurs des risques lorsqu’ils prodiguent des soins à des personnes souffrant de maladies infectieuses ou transmissibles, que ces maladies aient été diagnostiquées ou non. Il n’en demeure pas moins que les catastrophes et les épidémies de maladies transmissibles exigent que tout le personnel soignant, y compris le personnel infirmier, se mobilise dans un effort exceptionnel. Selon le Code :

    • Lors d’une catastrophe naturelle ou d’origine humaine, y compris lors de flambées épidémiques, les infirmières et infirmiers ont l’obligation de prodiguer des soins tout en respectant les mesures de sécurité appropriées et conformément à la législation, à la réglementation et aux lignes directrices fournies par le gouvernement, les organismes de réglementation, les employeurs, les syndicats et les organisations professionnelles. (A9)

  • L’obligation de prodiguer des soins fait référence à l’obligation professionnelle du personnel infirmier de fournir des soins sécuritaires et éthiques, avec compétence et compassion, aux bénéficiaires de soins. Cependant, il est acceptable, dans certains cas, qu’une infirmière ou un infirmier puisse choisir de s’abstenir ou de refuser de prodiguer des soins (CRNBC, 2017b; CRNNS, 2014). Le concept de charge déraisonnable s’applique en ce qui a trait à l’obligation de prodiguer des soins et au fait de s’abstenir ou de refuser de prodiguer des soins. On estime qu’il existe une charge déraisonnable lorsque la capacité d’une infirmière ou d’un infirmier à fournir des soins sécuritaires répondant aux normes de pratique professionnelle est compromise par l’exercice d’attentes déraisonnables, le manque de ressources ou la pression de menaces constantes pesant sur son bien-être ou celui de sa famille (CRNBC, 2017b).

  • Les critères suivants peuvent aider le personnel infirmier à soupeser son obligation de prodiguer des soins en cas de catastrophe ou de flambée épidémique :

    • L’importance du risque couru par le bénéficiaire de soins si l’infirmière ou l’infirmier ne lui apporte pas son secours;
    • La mesure dans laquelle l’intervention infirmière est directement reliée à la prévention de préjudices;
    • La mesure dans laquelle l’intervention infirmière permettra probablement de prévenir des préjudices;
    • La mesure dans laquelle l’intervention infirmière présente des avantages qui l’emportent sur les torts auxquels l’infirmière ou l’infirmier s’expose et ne représente pas un risque plus grand que le risque acceptable pour l’infirmière ou l’infirmier (ANA, 2006).
  • Lorsque la pression exercée sur le système de soins de santé est excessive, les ressources matérielles peuvent s’avérer insuffisantes et placer le personnel infirmier et les autres fournisseurs de soins de santé dans une situation risquée. Les infirmières et infirmiers ont le droit de bénéficier de renseignements complets et véridiques afin de pouvoir respecter leur obligation de prodiguer des soins. Ils doivent connaître clairement les obligations et les attentes liées à leur rôle. Ils doivent par ailleurs bénéficier de soutien lorsqu’il s’agit de répondre à leurs propres besoins en matière de santé. Les employeurs ont quant à eux le devoir de protéger et de soutenir les membres de son personnel infirmier ainsi que de leur fournir l’équipement de protection et les fournitures nécessaires en quantités suffisantes afin de « minimiser de façon maximale » le risque d’infection auquel sont exposés les infirmières et infirmiers et les autres fournisseurs de soins de santé. Par le fait même, les infirmières et infirmiers doivent exercer leur jugement professionnel pour choisir et employer les mesures de prévention appropriées; pour choisir de concert avec l’équipe soignante les directives des organismes, des fabricants et des gouvernements sur l’utilisation et l’ajustement de l’équipement de protection personnelle les plus appropriées; ainsi que pour préconiser des changements lorsque les directives de l’organisme, du fabricant ou du gouvernement dans ce domaine ne respectent pas suffisamment les exigences à satisfaire pour prévenir des infections (OIIO, 2009b).

  • Les infirmières et infirmiers doivent envisager attentivement les devoirs liés à leur rôle professionnel et à l’obligation de prodiguer des soins par rapport à d’autres responsabilités à l’égard de leur propre santé ainsi qu’envers leur famille et leurs amis. Ils ont ainsi une idée claire des mesures à prendre en prévision ou au cours d’une situation d’urgence ou d’une pandémie de façon à mieux se préparer en vue d’une prise de décisions éthique le moment venu (AIIC, 2008; Thompson, Faith, Gibson et Upshur, 2006). Les énoncés relatifs aux valeurs et aux responsabilités exposés dans le Code appuient leur réflexion et leurs actions à cet égard.

  • A. Pour se préparer à répondre aux besoins en soins infirmiers lors de catastrophes ou de flambées épidémiques, les membres du personnel infirmier doivent :

    • collaborer avec des collègues, les syndicats et les comités mixtes de santé et de sécurité au travail et d’autres dirigeants afin d’élaborer des directives cliniques sur les interventions d’urgence s’inspirant des ressources disponibles et des lignes directrices des gouvernements, des associations professionnelles et des organismes de réglementation;
    • se renseigner sur les directives établies au niveau régional, provincial et national au sujet de l’ordre de priorité à respecter dans la prestation de soins (p. ex. priorité fondée sur l’importance du besoin, sur la probabilité d’un résultat positif, etc.) et prendre part à l’établissement de ces directives;
    • se renseigner sur la façon d’appuyer les fournisseurs de soins et ceux portant le fardeau physique et moral des soins;
    • exiger de recevoir des mises à jour régulières à propos des mesures de sécurité à prendre afin de se protéger et d’éviter de devenir eux-mêmes des victimes d’une catastrophe ou d’une maladie;
    • aider à trouver un moyen équitable de régler les conflits ou les différends concernant les exemptions de travail ou les exemptions relatives à la prophylaxie ou à la vaccination des fournisseurs de soins de santé;
    • contribuer à l’élaboration de recommandations sur le traitement des plaintes et des pourvois en appel dans les limites du cadre de la santé et de la sécurité au travail.
  • B. En situation de catastrophe ou d’épidémie, un membre du personnel infirmier a l’obligation morale :

    • de se reporter à la réglementation et aux lignes directrices fournies par le gouvernement, les organismes de réglementation ainsi que les employeurs et les associations professionnelles;
    • de contribuer à la prise de décisions les plus équitables possible en ce qui concerne la répartition des ressources;
    • de soutenir l’établissement de priorités d’une façon aussi transparente que possible;
    • de prodiguer des soins sécuritaires et éthiques, avec compétence et compassion (lors d’une catastrophe, en autant que les circonstances le permettent);
    • d’aider à déterminer si les infirmières et infirmiers peuvent refuser de prodiguer des soins, à quel moment et de quelle façon;
    • de préconiser l’utilisation des méthodes les moins restrictives possible lorsque les droits individuels d’une personne doivent être limités.

Soins de longue durée

La vulnérabilité du secteur des SLD s’accroît depuis des décennies. Les SLD sont composés d’une population vieillissante, exigeant des soins toujours plus complexes, mais avec en parallèle une grave pénurie de fournisseurs de soins. De surcroît, à mesure que la complexité des soins a augmenté au cours des dernières décennies, la composition du personnel a changé. Au moment où davantage de soins infirmiers sont nécessaires, la majeure partie des soins repose sur les fournisseurs de soins non réglementés. « Avant les années 1980, la plupart des soins aux patients étaient dispensés par des membres du personnel infirmier réglementé. » (Les infirmières et infirmiers réglementés comprennent les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés, les infirmières et infirmiers autorisés, les infirmières et infirmiers praticiens et les infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés.)

Les personnes vivant en maisons de SLD sont particulièrement vulnérables et ont plus tendance à souffrir d’une maladie grave ou de mourir de la COVID-19 en raison de leur âge, leur fragilité, leurs comorbidités, leurs systems immunitaires moins robustes et du manque de prévention (vaccin) et de traitement.

Lorsque la COVID-19 est détectée parmi les membres du personnel ou les résidents, l’auto-isolement signifie l’exacerbation de la pénurie en personnel. Cela augmente ainsi le ratio de patients, puisque la maladie et l’acuité des patients s’accroît. Dans bien des établissements, il n’y a pas de bassin de personnel en soins et aucune mesure d’urgence n’est en place lorsqu’un pourcentage important de membres du personnel ne travaillent pas en raison de la maladie, de l’isolement ou d’autres facteurs. Il est important de mentionner notamment les pressions familiales et les menaces d’expulsion des propriétaires que subissent les assistants en soins au cours de la COVID-19. Autre fait notable, ce ne sont pas tous les fournisseurs de soins non réglementés qui reçoivent des prestations de maladie, étant donné que de nombreux employeurs optent pour du personnel à temps partiel et occasionnel afin de réduire le coût des prestations.

Même si les sources de données varient, le Canada a des taux inacceptables de décès liés à la COVID-19 dans les maisons de SLD par rapport à la population en général. Vers la fin d’avril, l’administratrice en chef de la santé publique au Canada a signalé que 79 % des décès liés à la COVID-19 au pays étaient associés aux éclosions en maisons de SLD. En réalité, un récent rapport international a révélé que le Canada avait le taux le plus élevé de décès en SLD parmi les pays étudiés.

Lisez les Messages clés sur la COVID-19 et les soins de longue durée de l’AIIC [PDF, 89,7 Ko] pour obtenir un complément d’information sur les SLD.

L’AIIC a publié un rapport intitulé Vision de 2020 : améliorer les soins de longue durée pour les personnes au Canada [PDF, 996,4 Ko] qui réclame des mesures décisives afin de répondre aux effets bouleversants de la COVID-19 sur notre système de santé, notre économie et nos vies. Pour obtenir plus de renseignements en lien avec ce rapport, veuillez lire notre communiqué et notre lettre conjointe correspondant [PDF, 316,1 Ko] eadressée à la ministre de la Santé et à la ministre des Aînés.

Santé mentale

Les infirmières et infirmiers doivent relever des défis sans précédent et peuvent ressentir un stress considérable lié à leur travail en raison de la charge de travail élevée, de la pénurie de ressources et d’équipement de protection individuelle (EPI), des préoccupations concernant leur sécurité personnelle et celle de leur famille, du désarroi moral et de l’exposition à la souffrance humaine importante.

Lisez les Messages clés sur la COVID-19 et la santé mentale de l’AIIC [PDF, 186,8 Ko] pour obtenir un complément d’information.

Défis pour les ressources humaines en santé

Avant l’apparition de la COVID-19, les provinces et les territoires canadiens ont fait l’objet de transformations importantes, ce qui a entraîné l’interruption de la main-d’œuvre infirmière, du milieu de travail et de la charge de travail. Les rapports de fermetures imprévues des unités de soins et de l’urgence hospitalière partout au pays, en partie en raison des niveaux de dotation non sécuritaires, ont attiré l’attention du public6,7,8. La COVID-19 devrait représenter un fardeau important sur notre système de santé, si l’on estime que de 30 % à 70 % de la population pourrait être infectée. On met particulièrement l’accent sur l’importance des effets sur le secteur des soins de longue durée (SLD) au Canada. Dès le milieu d’avril, le Canada recensait plus de 1 000 décès liés à la COVID-19, dont une partie considérable était associée aux éclosions en maisons de SLD. Même si le Canada semble « aplanir la courbe » avec un certain succès – et ainsi prévenir des taux massifs de maladies et de décès ainsi qu’une surcharge du système de santé comme dans d’autres pays – les éclosions dans les SLD demeurent une préoccupation importante.

Le maintien de la main-d’œuvre infirmière, les professionnels de la santé les plus nombreux au Canada, est essentiel à une réponse robuste en réponse à la pandémie. Dans cet objectif, voici les défis qui accentuent les pénuries jusqu’à maintenant :

  • Besoins de santé accrus de la population – Le nombre de cas au Canada augmente rapidement, et les systèmes de santé mettent en œuvre des efforts de préparation afin de renforcer la capacité d’intensification. La population vieillissante importante au Canada pourrait accroître le fardeau de la maladie causée par la COVID-19. L’élargissement des milieux de soins de santé afin de trier et d’évaluer les cas de COVID-19 (p. ex. les centres d’évaluation, télésanté) mettra à l’épreuve le système de santé pour garantir que toutes les unités sont suffisamment dotées.
  • Risque d’exposition et maladie contractée au cours de la pratique – Le personnel infirmier et les fournisseurs de soins de santé au point d’intervention sont plus à risque d’exposition à la COVID-19. La Chine a signalé que plus de 3 000 fournisseurs de soins de santé ont été infectés par la COVID-19, et l’Italie rapporte que 9 % de ses cas sont des fournisseurs de soins de santé9. Le Canada connaît déjà une tendance préoccupante, puisque des cas d’infirmières et infirmiers sont infectés ou exposés à la COVID-19 en Ontario et en Colombie-Britannique10,11. Dans un avenir immédiat, la perte de fournisseurs de soins de santé en raison de l’exposition ou de la maladie durant des semaines peut compromettre de manière importante la main-d’œuvre et souligne l’importance de protéger nos fournisseurs de soins de santé. Les effets à long terme de la COVID-19 sur la santé des personnes sont inconnus, il y a une possibilité de maladies chroniques ou prolongées, et pourraient se répercuter sur la santé de la main-d’œuvre infirmière.
  • Restrictions professionnelles liées aux voyages – Tous les voyageurs revenant de l’extérieur du Canada doivent s’auto-isoler durant 14 jours, toutefois certaines provinces et certains territoires ont exempté leurs travailleurs des services essentiels de cette directive, y compris le personnel infirmier12,13. Tout en reconnaissant les besoins accrus en soins de santé de la population pendant la pandémie, le risque de transmission de la COVID-19 aux patients et aux membres du personnel infirmier doit être évalué par rapport au service critique qui s’en trouverait limité.
  • Responsabilités familiales – Le personnel infirmier a été touché par la fermeture des écoles et des garderies. Coordonner la garde des enfants avec leurs partenaires, familles et amis présente son lot de difficultés. En tant que fournisseurs de services essentiels, puisque le travail de la maison est impossible, les infirmières et infirmiers pourraient subir de la pression et du stress accrus lorsqu’ils doivent faire garder leurs enfants pendant qu’ils remplissent leurs responsabilités professionnelles. Il est nécessaire de veiller à ce que le personnel infirmier puisse assumer ses obligations familiales pour lui permettre de contribuer à la main-d’œuvre.

Permis d’exercer ou autorisation d’urgence

En réponse à la demande accrue qu’entraîne la pandémie de COVID-19, certains organismes de réglementation provinciaux et territoriaux de soins infirmiers ont amorcé un processus d’autorisation accéléré pour le personnel infirmier récemment retraité ou pratiquant dans d’autres provinces ou territoires. En consultation avec les gouvernements respectifs des provinces et territoires, une réactivation temporaire ou autorisation d’urgence temporaire permet au personnel infirmier retraité et aux infirmières et infirmiers d’autres provinces et territoires, respectivement, d’obtenir rapidement un permis d’exercer pour pratiquer en cas d’urgence. Des liens vers tous les organismes de réglementation des soins infirmiers au Canada apparaissent ci-dessous. Chaque organisme de réglementation peut avoir des critères et des processus d’admissibilité distincts qui varient selon la situation. Veuillez communiquer avec l’organisme de réglementation en question pour obtenir un complément d’information.

COLOMBIE-BRITANNIQUE

Les infirmières et infirmiers autorisés, les infirmières et infirmiers praticiens, les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés et les infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés :
British Columbia College of Nursing Professionals

ALBERTA

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
College and Association of Registered Nurses of Alberta

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
College of Licensed Practical Nurses of Alberta

Les infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés :
College of Registered Psychiatric Nurses of Alberta

SASKATCHEWAN

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
Saskatchewan Registered Nurses Association

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
Saskatchewan Association of Licensed Practical Nurses

Les infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés :
Registered Psychiatric Nurses Association of Saskatchewan

MANITOBA

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
Ordre des infirmières et des infirmiers du Manitoba

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
Ordre des infirmières et des infirmiers auxiliaires du Manitoba

Les infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés :
Ordre des infirmières et des infirmiers psychiatriques du Manitoba

ONTARIO

Les infirmières et infirmiers autorisés, les infirmières et infirmiers praticiens et les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario

QUÉBEC

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec

NOUVEAU-BRUNSWICK

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
Association des infirmier(ère)s auxiliaires autorisé(e)s du Nouveau-Brunswick

NOUVELLE-ÉCOSSE

Les infirmières et infirmiers autorisés, les infirmières et infirmiers praticiens et les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
Nova Scotia College of Nursing

ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
College of Registered Nurses of Prince Edward Island

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
College of Licensed Practical Nurses of Prince Edward Island

Terre-Neuve-et-Labrador

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
College of Registered Nurses of Newfoundland and Labrador

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
College of Licensed Practical Nurses of Newfoundland and Labrador

TERRITOIRES DU NORD-OUEST

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
Registered Nurses Association of the Northwest Territories and Nunavut

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, Registraire, réglementation professionnelle du ministère de la Santé et des Services sociaux

NUNAVUT

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
Registered Nurses Association of the Northwest Territories and Nunavut

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés :
Gouvernement du Nunavut, ministère de la Santé

YUKON

Les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers praticiens :
Yukon Registered Nurses Association

Les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés et les infirmières et infirmiers psychiatriques autorisés :
Gouvernement du Yukon, Services aux collectivités


6 Pontiac Hospital closes obstetrics unit for 10th time. (13 décembre 2019). CBC News. Tiré de https://www.cbc.ca/news/canada/ottawa/pontiac-hospital-shawville-obstetrics-closure-1.5394551

7 N.S. emergency departments see 60% jump in closure hours. (19 décembre 2019). CBC News. Tiré de https://www.cbc.ca/news/canada/nova-scotia/nova-scotia-emergency-department-closures-hours-april-2018-march-2019-1.5402970

8 Gouvernement de la Nouvelle-Écosse. (2019). Annual accountability report on emergency departments. Tiré de from https://novascotia.ca/dhw/publications/Emergency_Departments_Report_2019.pdf

10 Patton, J. (23 mars 2020). Coronavirus: 13 health-care workers test positive for COVID-19 in Toronto. Tiré de  https://globalnews.ca/news/6717564/coronavirus-toronto-health-care-workers/

11 Thomson, C. (22 mars 2020). Dozens of nurses exposed to COVID-19 at St. Mary’s Hospital: ONA. Tiré de https://kitchener.ctvnews.ca/dozens-of-nurses-exposed-to-covid-19-at-st-mary-s-hospital-ona-1.4862996

12 British Columbia Centre for Disease Control. (16 mars 2020). COVID-19 and determination of return to work of essential service workers who have traveled out of Canada. Retrieved from http://www.bccdc.ca/Health-Professionals-Site/Documents/COVID-19-Essential-service-workers-travel-determination.pdf

13 Ministère de la Santé, gouvernement de l’Ontario. (20 mars 2020). COVID-19 - Document d’orientation sur la santé et la sécurité au travail et la prévention et le contrôle des infections. Tiré de http://www.health.gov.on.ca/fr/pro/programs/publichealth/coronavirus/docs/2019_occupational_health_safety_guidance.pdf