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Judith Shamian

Judith Shamian, inf. aut., Ph.D.
Présidente sortante, Association des infirmières et infirmiers du Canada
Candidate à la présidence du Conseil international des infirmières

« Santé pour tous d’ici l’an 2000 » (OMS)

Les merveilleux scénarios présentés dans la série sur les soins de santé primaires (SSP) de l’AIIC donnent vie à ce que nous savons depuis des décennies, les infirmières et les infirmières praticiennes (IP) constituent un atout indispensable à ce pays. Les infirmières ont démontré une influence sur le bien-être des collectivités et les personnes au sein de celles-ci. Ces histoires concernant les nombreuses façons dont les infirmières font la différence sont fascinantes. Vous n’avez qu’à regarder autour de vous pour en constater les preuves chaque jour. Que ce soit dans le domaine de la santé publique, des soins à domicile, des soins primaires ou à toute étape du continuum de soins, les infirmières prennent les devants pour faire une vraie différence dans la santé de la population canadienne.

Les illustrations de cette série formulent bien la contribution des infirmières sur le plan individuel et communautaire des soins et du continuum de soins. Les infirmières et les IP dirigent le changement dans les systèmes du point de vue méso et macro en créant des programmes et en influençant les politiques. Les preuves sont manifestes, mais la lutte n’est pas terminée. L’année 2000 est passée sans que l’objectif de la santé pour tous soit réalisé. Même dans un excellent pays comme le Canada, nous sommes loin d’avoir atteint la santé pour tous. En réalité, nous reculons même sur certains plans.

Au cours des dernières décennies, nous avons fait de grands progrès en intégrant les IP des SSP à de nombreux systèmes de santé. Malgré cette importante réalisation, nos progrès ne suffisent pas. En effet, les IP doivent travailler avec les équipes pour atteindre le résultat optimal de la santé pour tous, mais bien d’autres infirmières sont nécessaires dans ces équipes afin de travailler de façon interdisciplinaire. Cela ouvrira la voie à des collectivités plus solides et en meilleure santé. Nous avons aussi franchi des étapes clés. Toute province et tout territoire possède maintenant des lois et des règlements en place pour rendre la pratique de l’IP indépendante. C’est un autre grand pas vers l’avant, mais nous devons préciser notre intérêt pour élargir le champ d’exercice des infirmières et infirmiers autorisés si nous voulons réaliser pleinement leur contribution en SSP.

En plus de la question de la « portée », le financement, la protection territoriale et d’autres obstacles empêchent l’élargissement des contributions infirmières au programme de la création de la nation. La Commission nationale d’experts de l’AIIC a exigé que le Canada fasse partie des cinq meilleures nations sur le plan de la santé concernant les cinq résultats clés pour la santé d’ici 2017. Cet objectif est louable, mais nous sommes loin de l’avoir atteint.

Peu importe le domaine, santé autochtone, santé mentale, accès aux soins, prévalence des maladies chroniques ou vieillissement de la population, comme nation, nous devons relever chaque jour des défis en santé. Pourtant, les solutions à bien des problèmes qui affligent notre système de soins de santé sont à portée de la main.

Pour aborder ces enjeux, il nous faut utiliser les infirmières à leur plein potentiel. Lorsque nous le ferons, les infirmières pourront diriger l’amélioration de la santé de notre population et la façon dont notre système de santé fonctionne à cette fin. Il faut remédier à ces problèmes en permettant aux infirmières de faire ce qu’elles savent faire, ce qu’elles peuvent faire et ce qu’elles savent qui doit être fait. Nous bénéficierons tous de cette amélioration.