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Déclaration de Barb Shellian, présidente de l’AIIC, à la suite de la réunion des ministres de la Santé

Edmonton, le 20 octobre 2017 — Barb Shellian, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC), a fait la déclaration suivante à la suite de la réunion des ministres de la Santé à Edmonton, en Alberta.

« L’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) était fière d’entendre les ministres fédérale, provinciaux et territoriaux de la Santé discuter de stratégies pour aborder des sujets importants d’intérêt public en santé.

« Nous saluons le fait qu’une réunion avec des organisations autochtones nationales était à l’ordre du jour aujourd’hui. En partenariat avec l’Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada (AIIAC), l’AIIC a défendu haut et fort les soins infirmiers et la santé autochtones. C’est grâce au dialogue et à des mesures concrètes que nous atteindrons réellement nos objectifs communs. La soumission prébudgétaire 2018 de l’AIIC au Comité permanent des finances de la Chambre des communes fait écho aux mesures sollicitées par l’AIIAC afin d’aborder les lacunes notables et qui perdurent en matière de résultats de santé des Autochtones.

« L’AIIC a imploré les premiers ministres de prendre des mesures entourant la crise des opioïdes. En premier lieu, les gouvernements doivent éliminer les obstacles procéduraux pour permettre au personnel infirmier de procéder à son travail de sauvegarde de vies dans divers milieux, y compris les sites de consommation supervisée. Nous sommes ravis de constater que Ginette Petitpas Taylor, ministre fédérale de la Santé, et les ministres provinciaux et territoriaux de la Santé reconnaissent l’épidémie des opioïdes comme une crise de santé publique nationale. Nous apprécions leurs efforts pour surmonter les obstacles qui nuisent aux stratégies de réduction des méfaits, pour réduire la stigmatisation souvent associée à la consommation problématique de substances et pour mettre en œuvre d’autres mesures pour sauver des vies.

« Les discussions des ministres de la Santé sur la façon d’aborder la nouvelle législation fédérale (projet de loi C-45, Loi concernant le cannabis), qui entrera en vigueur d’ici le 1er juillet 2018, sont encourageantes. L’AIIC appuie l’entrée en vigueur du projet de loi C-45 puisqu’il s’agit d’une stratégie de réduction des méfaits de la consommation de cannabis au Canada fondée sur des données probantes. Nous sommes également très satisfaits de voir les ministres souligner l’importance d’une sensibilisation primaire et courante sur la consommation du cannabis, surtout auprès des jeunes Canadiens.

« Nous exhortons la ministre Petitpas Taylor à adopter une recommandation clé de notre soumission dans le cadre des consultations prébudgétaires de 2018 au Comité permanent des finances de la Chambre des communes [PDF, 186,5 Ko]. L’AIIC demande au gouvernement fédéral d’investir 125 millions de dollars sur cinq ans dans l’éducation publique, avec un financement courant de deux millions de dollars par année pour une campagne de sensibilisation visant à réduire les méfaits du cannabis chez les jeunes et les adultes. Les gouvernements provinciaux et territoriaux devraient veiller à ce que les fonds servent à l’élaboration et la dissémination des ressources pertinentes pour mieux informer les Canadiens sur les risques de la consommation du cannabis.

« Il est encourageant de constater que les ministres de la Santé se font plus précis quant à l’élaboration d’une série ciblée d’indicateurs communs démontrant l’énorme progrès réalisé pour améliorer les soins à domicile dans tout le Canada, comme l’exigeait les récentes ententes bilatérales en santé. Avant le dévoilement du budget fédéral 2017, l’AIIC avait demandé que les ententes comprennent des mesures de reddition de comptes afin de prouver que les soins à domicile de grande qualité deviennent une réalité grâce aux fonds ciblés. En 2016, l’AIIC avait demandé la création d’un cadre de travail qui utiliserait les données accessibles publiquement pour faire état du financement fédéral en santé et des résultats sociaux et sanitaires [PDF, 316 Ko]. Grâce au travail de l’ICIS, nous commençons à prendre les mesures nécessaires.

« Par ailleurs, compte tenu de la menace que pose la résistance aux antimicrobiens (RAM), nous nous réjouissons de savoir que ce sujet a fait l’objet de discussions et que les participants ont accepté de poursuivre le travail de mise en œuvre de cadres de travail pancanadiens sur la RAM. Dans sa soumission prébudgétaire pour 2018 et en comparaissant devant le Comité permanent de la santé à la Chambre des communes en juin 2017 (recommandations soulignées dans notre mémoire [PDF, 224,8 Ko]), l’AIIC demandait au gouvernement fédéral d’adopter des recommandations pour contenir la menace de la RAM. Par exemple, les gouvernements provinciaux et territoriaux bénéficieraient d’un investissement fédéral de 45 millions de dollars sur les cinq prochaines années pour dispenser des soins de courte durée à l’échelle provinciale et territoriale et des programmes de gérance antimicrobienne au sein des communautés.

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Contexte

Recommandations pour résoudre la crise nationale des opioïdes :

  • Éliminer les obstacles procéduraux à l’ouverture de sites de consommation supervisée (SCS) partout au Canada. Nous avons proposé des modifications, dans notre soumission [PDF, 131,6 Ko] au Comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles sur le projet de loi C-37, Loi modifiant la Loi réglementant certaines drogues et autres substances et apportant des modifications connexes à d’autres lois.
  • Modifier le projet de loi C-37 pour inclure une disposition qui permettrait aux ministres provinciaux et territoriaux d’octroyer des exemptions temporaires aux SCS.
  • Soutenir les contreparties provinciales et territoriales et les encourager à adopter un système de dossiers de santé électroniques qui peut transmettre des renseignements entre les champs de compétence, qui est compatible au Système national d’information sur l’utilisation des médicaments prescrits (SNIUMP) de l’Institut canadien d’information sur la santé, et qui recueille des données sur les médicaments d’ordonnance distribués.
  • Financer l’élaboration de ressources pédagogiques à l’intention des praticiens en soins de santé (visant principalement les prescripteurs et les distributeurs) qui fournissent de l’information factuelle et courante, élaborées en consultation avec des fournisseurs pour appuyer leur pratique.

L’AIIC a déjà disséminé des ressources pédagogiques liées à la consommation d’opioïdes à l’intention des associations et ordres provinciaux et territoriaux en collaboration avec l’Association canadienne des écoles de sciences infirmières :

Recommandations sur le projet de loi C-45, Loi concernant le cannabis :

L’AIIC recommande fortement que le gouvernement fédéral :

  • mette en œuvre aussi vite que possible une campagne de sensibilisation publique fondée sur des données probantes, à l’intention de la population générale, mais en misant sur les jeunes, les parents et les populations vulnérables. Cette campagne devrait aussi comprendre des messages d’éducation et de prévention ainsi que des renseignements pour aider les gens à détecter la conduite avec facultés affaiblies. En outre, il est impératif que ce type de campagne fournisse des renseignements sur les produits comestibles au cannabis, même si la législation initiale n’en fait pas mention.
  • décriminalise la possession personnelle du cannabis pour tous les groupes d’âge. La légalisation du cannabis pour les adultes tout en maintenant des pénalités criminelles pour les jeunes peut désavantager disproportionnellement les jeunes, surtout ceux appartenant à des groupes marginalisés ou raciaux, les empêchant potentiellement d’occasions équitables d’avancement dans la société et d’y contribuer.
  • s’engage à utiliser le revenu provenant de la vente de cannabis comme source de financement pour l’administration, l’éducation, la recherche et l’application de la loi liées au cannabis.
  • propose des limites sur la densité et l’emplacement des vitrines de magasins, y compris la distance appropriée des écoles, des centres communautaires, des parcs publics, etc.
  • maintienne un cadre d’accès médical distinct pour soutenir les patients et continue d’appuyer la recherche en matière d’indications pour la consommation du cannabis médical.

Pour obtenir plus d’information, veuillez consulter notre soumission d’août 2017 sur le projet de loi C-45 au Comité permanent de la santé.

L’Association des infirmières et infirmiers du Canada est la voix professionnelle nationale représentant plus de 139 000 infirmières et infirmiers autorisés et infirmières et infirmiers praticiens du Canada. L’AIIC fait progresser la pratique et la profession infirmières afin d’améliorer les résultats pour la santé et de renforcer le système de santé public et sans but lucratif du Canada.

Pour obtenir plus d’information, veuillez communiquer avec :

Kevin Ménard
Conseiller en communications
Association des infirmières et infirmiers du Canada
Tél. : 613-237-2159, poste 543
Courriel : kmenard@cna-aiic.ca