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En période de mésinformation, pourquoi la première obligation du personnel infirmier doit être de s’en tenir à la vérité

Le 18 janvier 2021 – On dit que la vérité est la première victime de la guerre. Bien que nous ne participions pas à un conflit militaire, nous sommes à bien des égards embrouillés dans une lutte de niveau mondial. Dans un monde de fausses nouvelles, de mésinformation et de désinformation délibérée, les infirmières et infirmiers sont plus que jamais obligés de faire preuve de diligence raisonnable pour rechercher des faits et des données afin d’éclairer leur pratique. Il est essentiel que les infirmières et infirmiers, qui sont les professionnels en qui le public a le plus confiance, soient fortement et visiblement alignés sur leur première obligation, qui est de s’en tenir à la vérité.

En l’absence de preuves, les théories de complot font des vagues depuis les débuts de la pandémie de COVID‑19, alimentées par des allégations farfelues et infondées diffusées sur les médias sociaux, qui ne reposent sur rien d’autre que des convictions personnelles. Un petit groupe de fournisseurs de soins de santé, dont des infirmières et infirmiers, se sont comportés ainsi au grand jour, créant des inquiétudes inutiles parmi le public, nuisant à la réaction de la santé publique à l’échelle mondiale et ternissant la réputation durement gagnée de leurs professions.

Ce comportement est inacceptable au sein de la profession infirmière, quelle que soit notre catégorie réglementée. Dire la vérité et avoir recours aux données ne sont pas simplement « la bonne chose à faire » dans la pratique infirmière, ce sont aussi des obligations éthiques professionnelles du permis d’exercice, fondamentales au privilège d’une pratique autonome et autoréglementée. Ces obligations sont stipulées dans les codes de déontologie de la pratique infirmière, qui existent dans tout le pays. Comme le souligne le Nova Scotia College of Nursing, entre autres, sur son site Web, ces codes « contribuent à maintenir la confiance entre le personnel infirmier et le public en énonçant les responsabilités éthiques que les infirmières et infirmiers doivent assumer et promouvoir » (2021) (traduction libre).

D’autres codes de déontologie de la profession infirmière sont également clairs dans leurs attentes à l’égard des infirmières et infirmiers. Par exemple :

  • Le Code de déontologie des infirmiers et infirmières auxiliaires autorisés du Canada (2013) exige des praticiens qu’ils « respectent les normes d’exercice de la profession et se comportent de façon à donner de la profession une image positive » et à « exercer leur profession d’une manière conforme au privilège et à la responsabilité de l’autoréglementation ».
  • Le Code de déontologie publié par le College of Registered Psychiatric Nurses of Manitoba (2017) est très clair : l’infirmière ou l’infirmier « veille à ce que personne n’exerce une pratique jugée comme étant nuisible au bien‑être d’autrui ni n'y participe… se comporte de façon à faire preuve d’honnêteté, d’intégrité, de fiabilité, d’impartialité et de diligence… [et] se comporte de façon à promouvoir une image positive de la profession à l’échelle locale, communautaire, provinciale et nationale. » (traduction libre)
  • Enfin, le Code de déontologie des infirmières et infirmiers autorisés, publié par l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (2017) et qui s’adresse aussi aux infirmières et infirmiers praticiens, exige que les infirmières et infirmiers, en tant que membres d’une profession autoréglementée, « pratiquent selon les valeurs et les responsabilités énoncées dans le Code et conformément aux normes professionnelles, aux lois et aux règlements qui appuient la pratique déontologique » et « sont honnêtes et font preuve d’intégrité dans toutes leurs interactions professionnelles ». En ce qui concerne les flambées épidémiques, « les infirmières et infirmiers ont l’obligation de prodiguer des soins tout en respectant les mesures de sécurité appropriées et en conformité avec la législation, la réglementation et les lignes directrices fournies par le gouvernement, les, organismes de réglementation, les employeurs, les syndicats et les associations professionnelles ».

Dans un monde où nous sommes tous habitués à nous exprimer sur de nombreux enjeux par l’entremise des médias sociaux, il est opportun de nous rappeler que le public nous observe et nous écoute lorsque nous nous identifions comme membre du personnel infirmier. Nous encourageons nos membres et l’ensemble des infirmières et infirmiers réglementés à prendre connaissance des codes de déontologie et des normes de pratique dans la province ou le territoire où ils exercent. Prenez le temps de réfléchir à nouveau aux aspects qui orientent nos obligations professionnelles consistant à chercher les faits et à y faire référence dans notre travail d’enseignement et de défense des intérêts lorsque nous nous identifions comme membres de la profession infirmière. Notre première obligation est de toujours s’en tenir à la vérité, laquelle est fondée sur des données scientifiques et non sur une idéologie personnelle.

Tim Guest, M.B.A., B.Sc.inf., inf. aut.
Président

Michael Villeneuve, M.Sc., B.Sc.inf., inf. aut., FAAN
Directeur général